Albert Sinotte : du décrochage à l’engagement, grâce à l’entrepreneuriat éducatif

Un reportage de Mélissa Claudie Philippe

Albert Sinotte, étudiant au cégep de Trois-Rivières et heureux gagnant du concours Vise dans le Mille, dans la catégorie Idée d’affaires, est le créateur de l’application mobile Je veux.

Décrocheur potentiel, Albert Sinotte a porté un témoignage émouvant du changement de paradigme qui s’est opéré chez lui, grâce au projets d’entrepreneuriat éducatif auxquels il a pris part. D’un élève peu motivé et qui manquait d’engagement, il a repris le contrôle de la situation: «J’ai compris que j’étais maître de mes propres résultats, affirme t-il, pour faire la synthèse de ce parcours.»

Albert Sinotte, un étudiant entrepreneur inspirant.

La découverte qui aura tout changé

L’année dernière, Albert Sinotte a intégré le programme des Sciences humaines du cégep de Trois-Rivières. Bien que les cours offerts touchaient diverses disciplines, telles que les mathématiques, la politique et l’économie, M. Sinotte n’arrivait pas à se diriger. Avec les mauvaises notes qu’il cumulait, il perdait confiance en lui et s’enlisait de plus en plus. Puis, un jour il entendit parler de l’entreprise-école du cégep de Trois-Rivières, Vision C3R. Comme beaucoup de jeunes de la région, il a un penchant pour l’entrepreneuriat. La liberté financière et décisionnelle sont les qualités qui l’attirait le plus chez les entrepreneurs. Il s’est donc vite engagé dans le club, où au début, passif, il assistait simplement au différents événements et conférences en lien avec l’entrepreneuriat étudiant. Il était encore loin d’imaginer les répercussions qu’allaient avoir cette découverte sur sa motivation, son engagement et ultimement, sur sa performance académique.

Un parcours initiatique, sur fond entrepreneurial

Au bout de quelques semaines, Albert Sinotte a finalement franchi l’étape de l’observation pour contribuer activement aux objectifs du club. Etant donné que Vision C3R ne réalisait que 2 ou 3 événements de levée de fonds par année, pour financer ses initiatives, il proposa un type d’activité entrepreneurial simple, facile à organiser et rentable. Il s’agissait de réaliser une soirée culturelle payante dans un bar achalandé. Pour promouvoir l’activité, les réseaux sociaux seraient utilisés pour la présenter sous la forme la plus attrayante possible. Conquis par l’ingéniosité de cette idée, le comité n’hésita pas à lui donner carte blanche pour organiser et mettre en oeuvre le projet, en collaboration avec d’autres jeunes dynamiques.

L’activité connu un vif succès et M. Sinotte devint le directeur événementiel du club. En faisant parti de ce groupement de jeunes apprentis entrepreneurs, il recevait également des formations en entrepreneuriat et une routine entrepreneuriale s’était installé dans son quotidien.

Son immersion dans le monde de l’entrepreneuriat lui a donc permi de faire ses armes et de prendre goût aux affaires. Il lui a semblé évident de mettre ces expériences à profit dans sa propre vie en s’engageant dans le développement d’idées qui pourraient  éventuellement prendre la forme d’entreprises lucratives.

Dans un premier temps, Albert Sinotte a participé, à la Compétition Hermès dont l’objectif était de présenter, en groupe de 3, une solution à un problème d’entreprise. Son équipe remporta le 2e prix à l’édition 2016 et lui, celui du meilleur pitcheur.

Par la suite, il se présenta au concours Vise dans le Mille, pour proposer son idée d’affaire, l’application mobile Je veux, qui lui a valu le premier prix dans cette catégorie. Le jeune entrepreneur insiste beaucoup sur l’importance de l’aide que lui a fourni l’enseignant Maxime Arcand, en préparation à ces concours. Avec son statut d’étudiant en sciences humaines, Albert Sinotte ne maîtrisait aucun concept en lien avec l’administration ou les affaires. Rétrospectivement, il reconnaît que cette attention individuelle que lui a offert M. Arcand vaut de l’or, car c’est grâce à son expertise et à ses conseils qu’il a pu définir son profil entrepreneurial et déterminer ses objectifs, en tant qu’apprenti entrepreneur.

Albert Sinotte, expliquant la manière dont l’entrepreneuriat éducatif a amélioré sa performance scolaire.

Les leçons apprises

A mesure que monsieur Sinotte atteignait de la maturité en matière d’entrepreneuriat, sa confiance en lui augmentait. Il gagnait en crédibilité auprès de ses pairs, et réussissait de mieux en mieux non seulement dans sa position de directeur événementiel, mais aussi en tant qu’étudiant. Voici comment Albert décrit l’impact de ce cheminement sur sa personne:

Intégrer le club entrepreneuriat étudiant lui a permis d’accroître sa confiance. Avec le trouble d’attention dont il souffre, il arrivait difficilement à suivre les enseignants et à comprendre ce qu’ils enseignaient.  Il récoltait systématiquement de mauvaises notes. Or, pour lui, avoir de bonnes notes était un bon moyen de mesurer l’intelligence. Sa définition de l’intelligence n’arrangeait pas plus sa situation. Cependant, en réussissant dans le club, sa confiance et son estime de soi s’est rehaussé et ses notes se sont sensiblement améliorées.

L’amélioration de son efficacité personnelle que témoignent sa performance dans le club entrepreneurial et les prix remportés dans des concours d’affaires étaient le fruit de l’intégration des apprentissages faits lors des conférences et de son expérience entrepreneurial. Les impacts se sont également manifestés sur ses études. En effet, avec cette compréhension renouvelée de l’interactivité entre connaissances, efficacité personnelle et résultats, sa perspective des études a changé. «Tout ce que nous apprenons peut nous servir à quelque chose dans la vraie vie, remarque t-il.» Ce nouveau rapport à la connaissance a permi d’augmenter son intérêt pour ce qui lui était enseigné en salle de classe.

Albert Sinotte vivait la situation inverse par rapport à l’époque où il a commencé ses études. Son état de démotivation et de manque d’engagement a disparu pour faire place à la motivation. «La réussite en un facteur de motivation énorme! nous a t-il confié.»

«Je veux monter ma propre entreprise!»

L’application, Je veux, créé par Albert Sinotte, permet à des touristes de découvrir les activités qu’offrent la ville de Trois-Rivières. L’interface de l’application sera conçue de sorte qu’elle permette à son utilisateur de s’informer des activités culturelles, gastronomiques et touristiques de la zone en fonction de ce qu’il veut faire. Cette idée d’affaires est en train d’être peaufiné et l’entreprise sera bientôt lancée.

Présentement, M. SInotte et ses partenaires structurent l’entreprise et développent un modèle d’affaires viable et adapté. Son rôle se situe au niveau de l’aspect marketing du projet où il envisage fournir des solutions qui se basent sur les besoins et les comportements des consommateurs potentiels de Je veux. Passionné par le marketing et le comportement du consommateur, il souhaiterait aussi lancer une entreprise de consultation dans le domaine.

Le témoignage de cet étudiant traduit les difficultés qu’éprouvent bien des jeunes à s’orienter et qui sont en proie à des problèmes de performance scolaire. Dans son cas l’entrepreneuriat éducatif a révélé son potentiel et a eu un effet de levier pour l’amélioration de sa performance scolaire, en augmentant son engagement envers les études et la réussite.

Nous le remercions pour ce témoignage qui est de nature à motiver bien d’autres jeunes: l’entrepreneuriat éducatif est un chemin valable pour améliorer la motivation et la réussite scolaire.

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